Pourquoi il n’y a plus de train à l’île Maurice ?

Dans cet article, nous découvrirons pourquoi, après une évolution fulgurante, le train a disparu de l’île Maurice.

Lorsque les soucis commencent

En 1920, alors que les travaux de réalisation d’un réseau de lignes ferroviaires furent définitivement achevés depuis près de 15 ans, l’ouverture du transport de passagers devint populaire auprès des populations locales. Cependant, le service de train à l’île Maurice est critiqué en raison de l’importante dépense qu’il représente pour le budget de la colonie en dépit de son succès. De plus, les prix du charbon qui était importé sur les terres mauriciennes augmentèrent au fil des années.

Timbres locomotives
Série de timbres anciens qui illustrent les locomotives qui sillonnaient autrefois les terres mauriciennes.

Le gouvernement britannique et la Chambre d’Agriculture suggéra de nombreuses solutions pour améliorer le réseau de train à l’île Maurice. Les institutions pensèrent dès le départ à la privatisation du chemin de fer par le paiement forcé d’obligations, mais cette solution ne satisfirent pas les entreprises locales, et tomba donc à l’eau bien que cette idée fut re-débattu plusieurs fois. Il s’enchaîna ensuite la modernisation des locomotives pour qu’elles fonctionnent au diesel à partir des années 30. Les institutions envisagèrent également d’innover vers des locomotives électriques, mais ni la solution électrique, ni la solution diesel qui fut portant mise en place ne furent jugées viables en fin de compte.

Suite à la réalisation de diverses commissions d’enquêtes sur le terrain, c’est en 1940 que fut recommandé la suppression pure et simple du service de transport de passagers. Ll’évolution des véhicules fonctionnant au pétrole et la construction de meilleures routes rendit le transport par autobus plus compétitif, ce qui scella prématurément le sort du réseau de chemin de fer pour le transport de marchandises. En effet, les industries avaient elles-même évoluées vers l’utilisation de moyens de transport moins coûteux et plus confortables pour leurs employés.

En 1942, le gouvernement britannique fit une dernière tentative en interdisant le transport de marchandises par un autre moyen que le train. Mais les autorités se rendirent à l’évidence : le temps du train à l’île Maurice était révolu.

Du réseau de trains au réseau d’autocars : le début de la fin

C’est en 1950 que le gouvernement britannique engagea le retrait définitif du service passager par train avec la réorganisation du service passager par bus en compagnies régionales. En octobre de la même année, la ligne Rivière-Noire fermera suivi de la fermeture du Bois Chéri Light Railway en décembre 1951.

Le service passager par train à l’île Maurice sera clos suivant ce calendrier : février 1954 à Montagne Blanche – Rose-Hill ; juin 1954 à Rose-Belle – Souillac ; février 1955 à Port-Louis – le Nord ; en mars 1956 à Port-Louis – Curepipe.

Type de locomotive en circulation dans les années 1950.
Type de locomotive en circulation dans les années 1950.

Contrairement aux autres lignes, la suppression du service passager sur la ligne Port-Louis – Curepipe fera l’objet d’un grand intérêt de la part des populations urbaines. Si bien que le tout dernier train sera bondé de passagers dont de nombreux enfants menés par leurs parents pour leur premier et dernier voyage en train. À la gare de Quatre-Bornes, discours et pétarades marqueront l’adieu au transport ferroviaire de passagers.

La fermeture définitive du chemin de fer

À partir de 1956, le train servira exclusivement au transport du sucre du moulin au port. Mais en comparaison avec la période du XIX ème siècle où la production sucrière était l’un des principaux moteurs de la croissance économique de la colonie, et la période du XX ème siècle où ce même secteur n’avait plus du tout la même valeur qu’autrefois, et n’est devenu qu’une complémentarité de cette croissance, les productions se sont réduites au fil des années à une activité saisonnière.

Le transport du sucre devenant lui aussi par la même occasion une activité saisonnière se limitant à la période juin-décembre, l’utilisation du train pour transporter le fret ne se révèlera plus rentable et déclinera jusqu’à sa suppression définitive le 15 février 1964.

Démantèlement de la gare centrale de Port-Louis après un siècle d'histoire ferroviaire.
Démantèlement de la gare centrale de Port-Louis après un siècle d’histoire ferroviaire.

Avec la fermeture définitive du chemin de fer, les trains et rails en bois seront démolis. Lle bois sera utilisé pour la fabrication de pupitres, chaises et armoires pour les écoles et les bureaux. Des années plus tard, une partie de la voie ferrée sera démolie et vendue à l’étranger.

Sources : Le Mauricien et Potomitan

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